Une fausse voiture d’occasion “zéro kilomètre” maquillée en véhicule de démonstration à 25% au-dessous du neuf? Un modèle de loueur âgé de six mois à tarif cassé? Oui, c’est possible. Et même fréquent. Certains constructeurs en sont même les spécialistes, pour embellir artificiellement leurs résultats commerciaux de fin d’année. Derrière la hausse brute de 5,1% du marché automobile tricolore l’an passé, se cachent donc des bizarreries, qui viennent déformer les vrais résultats des constructeurs. Le but? Faire tourner coûte que coûte les usines et éliminer les stocks de voitures peu prisées par les clients, écoulées ainsi à prix sacrifié.

20,4% des ventes chez Opel ou Jeep

Premier canal de ces ventes à marges faibles ou nulles: les modèles auto-immatriculés par les concessionnaires eux-mêmes. 18,6% des immatriculations totales de Mercedes dans l’Hexagone sont ainsi faites (l’an dernier) sous forme de voitures de démonstration, selon les statistiques officieuses obtenues par Challenges ! Qui l’aurait crû? La prestigieuse firme à l’étoile n’est pas seule, loin de là. Ce pourcentage atteint 18,8% chez Honda ou Fiat (FCA). Le spécialiste des 4x4 Jeep (groupe FCA aussi) atteint les 20,4% et Alfa Romeo frise 24,6%. Opel (filiale allemande de GM) n’est pas en reste, avec 20,4% de ses immatriculations totales sous forme de modèles de garages. Smart (Mercedes) dépasse également les 20%.

Avoir des exemplaires de nouveaux modèles chez les concessionnaires pour les faire essayer par les clients intéressés, c’est nécessaire, voire indispensable. Mais, quand ce pourcentage devient trop élevé, il cache en fait des ventes toxiques. Il s’agit alors de voitures neuves immatriculées par anticipation, sans client identifié derrière, qui seront ensuite écoulées comme véhicules d’occasion neufs à… prix d’occasion.

Les livraisons aux loueurs de courte durée sont une autre solution alternative pour vendre à tout prix…

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